Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées: le MFFP annonce 28,5 M$ par année pour 3 ans

Longueuil, le 9 juillet 2019. –

La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) se réjouit de la reconduction du Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées (PAMVFP) pour 3 ans avec un investissement de 28,5 M$ par année. Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), M. Pierre Dufour, en a fait l’annonce aujourd’hui à Saguenay, en compagnie du président de la FPFQ, M. Pierre-Maurice Gagnon, et de plusieurs représentants du secteur forestier.

François Tremblay, député de Dubuc, Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l’Habitation et ministre responsable de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Pierre Dufour, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs et ministre responsable de la région de l’Abitibi-Témiscamingue et de la région du Nord-du-Québec, et Pierre-Maurice Gagnon, président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec, étaient présents pour l’annonce.

Concrètement, le programme assurera la stabilité du soutien financier gouvernemental dédié aux travaux sylvicoles en forêt privée. Cette aide est nécessaire pour initier des investissements sylvicoles présentant une faible rentabilité financière pour un propriétaire forestier, mais générant des retombées importantes pour la collectivité.

De plus, l’annonce imminente de la répartition de nouveaux crédits pour la séquestration du carbone à l’aide de travaux sylvicoles, prévus dans le dernier Budget du Québec, devrait bonifier cette enveloppe budgétaire du PAMVFP.

« Le gouvernement du Québec perçoit dorénavant la forêt privée comme une source essentielle d’approvisionnement pour l’industrie des produits forestiers, mais également comme un vecteur de services environnementaux pour la collectivité. Cette polyvalence de la forêt est un précieux atout pour le Québec », a déclaré M. Gagnon.

Rappelons que le PAMVFP offre un soutien financier aux propriétaires forestiers réalisant des travaux d’aménagement forestier. Administré par les agences régionales de mise en valeur des forêts privées, le PAMVFP soutient l’encadrement professionnel exercé par les ingénieurs forestiers et la réalisation des travaux sylvicoles admissibles en forêt.

À propos de la FPFQ

La Fédération des producteurs forestiers du Québec est l’organisation provinciale qui travaille à la promotion des intérêts de 134 000 propriétaires forestiers de tous les milieux sociaux, dont 29 000 producteurs forestiers. L’action régionalisée de ses treize syndicats et offices vise la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises, ainsi qu’une commercialisation ordonnée des bois en provenance de ces territoires. La FPFQ est une fédération affiliée de l’Union des producteurs agricoles (UPA).

 

Renseignements :

Marc-André Côté, ing. f., Ph. D.

Directeur général

450 679-0530, poste 8201

macote@upa.qc.ca      foretprivee.ca

Le nerprun bourdaine: un envahisseur exotique qui menace l’établissement des plantations

Par François Hébert, biologiste, PH. D. et Nelson Thiffault, ing., PH. D.

Le nerprun bourdaine (Rhamnus frangula ou Frangula alnus) est un arbuste exotique envahissant, bien connu dans l’est des États-Unis depuis quelques décennies. Par ses effets documentés sur la flore et les sols, il menace la biodiversité des écosystèmes forestiers. De plus en plus, le nerprun pose aussi des problèmes aux sylviculteurs du sud du Québec, notamment dans les jeunes plantations. Sa croissance très vigoureuse en pleine lumière, pouvant atteindre deux mètres par année, en fait une espèce concurrente particulièrement agressive.

 

Nerprun bourdaine

Description et historique

Le nerprun bourdaine est un arbuste de la famille des rhamnacées, originaire d’Eurasie, où il était utilisé dans la production de poudre à canon et en médecine douce comme laxatif. Ce petit arbre et son cousin, le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica), ont été introduits en Amérique du Nord à la fin du XIXe siècle, comme plantes ornementales dans les haies brise-vent. Depuis, les deux espèces ont graduellement colonisé le continent, notamment le nord-est des États-Unis. Elles s’installent sur une large gamme de stations et de textures de sols. Le nerprun bourdaine préfère les stations plus humides et les sols plus acides que le nerprun cathartique, mais il peut aussi croître sur des sols secs.

 

Le nerprun bourdaine peut atteindre la taille d’un arbre, avec un diamètre allant jusqu’à 15 cm mesuré à 1,30 m de hauteur. Son écorce brune porte de nombreuses lenticelles jaunes, rappelant certaines espèces d’aulnes. Ses feuilles sont généralement très lustrées et d’un vert clair sur leur face supérieure. Contrairement à celles du nerprun cathartique, les feuilles du nerprun bourdaine ne sont pas dentelées et comportent des nervures parallèles. À l’automne, elles deviennent jaune clair, puis rouges.

 

Une reproduction efficace

La période de floraison et de fructification du nerprun bourdaine s’étale sur plusieurs mois, une caractéristique de plusieurs plantes envahissantes. Les fruits contiennent de 2 à 3 graines, et chaque individu peut porter de 430 à plus de 1 800 fruits. Les oiseaux, notamment l’étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris), agissent comme agents de dispersion. Les graines peuvent rester en dormance au moins trois ans et former une banque souterraine. Lorsqu’il est coupé, le nerprun bourdaine peut également produire une grande quantité de rejets de souche.

 

L’ouverture du couvert forestier favorise l’envahissement

Même si le nerprun bourdaine constitue une plante semi-tolérante à l’ombre, qui peut s’installer et croître en milieu fermé, sa vigueur est reliée à la disponibilité de la lumière. En milieu ouvert et lorsque le sol est exposé, il forme rapidement des bosquets denses et pro+te de la lumière ambiante pour croître en largeur et occuper la majeure partie de l’étage arbustif. De plus, la saison de croissance de cette plante est très longue; les feuilles apparaissent tôt au printemps, bien avant les espèces indigènes, et leur sénescence survient tard en automne, après celle des autres espèces. La présence du nerprun diminue fortement la quantité de lumière disponible pour la croissance des semis d’espèces feuillues comme l’érable à sucre (Acer saccharum), l’érable rouge (Acer rubrum) et le frêne blanc (Fraxinus americana). Dans certains milieux envahis, le nerprun peut représenter plus de 90 % de la biomasse présente. De plus, comme il n’a pas de préférence particulière pour un type de peuplements forestiers, il colonise tout aussi facilement les forêts feuillues, mixtes ou résineuses, et même les tourbières.

 

Territoires où les résultats s’appliquent

Moyens de contrôle

Plusieurs moyens de contrôle ont été testés aux États-Unis, dans les États aux prises avec cet envahisseur. Pour traiter une petite superficie, l’arrachage manuel s’avère peu coûteux et efficace, pourvu que les individus disposent d’un diamètre à la souche de moins de 1 cm. S’ils affichent un plus fort diamètre (de 1 à 5 cm), ils peuvent être arrachés à l’aide d’un appareil manuel. Le dégagement mécanisé à la débroussailleuse est inefficace pour le nerprun bourdaine, car il faut parfois jusqu’à quatre dégagements par saison pour obtenir des résultats. À l’heure actuelle, l’application d’herbicides en automne lorsque les autres plantes se trouvent en dormance constitue la méthode la plus efficace pour traiter une grande surface. Quelques produits peuvent traiter le nerprun, notamment le glyphosate.

 

Que faire dans un contexte où l’on ne peut utiliser d’herbicides?

Depuis 2001, l’emploi de phytocides est banni dans les forêts publiques du Québec. Afin de développer des méthodes de rechange pour la maîtrise du nerprun dans les plantations forestières, la Direction de la recherche forestière a installé un dispositif expérimental en Estrie, une région où le nerprun s’avère déjà bien présent. Nous y testons des traitements mécanisés de préparation du sol, dans le but de limiter l’expansion du nerprun lors de l’établissement des plantations. Quatre traitements de préparation de terrain ont été appliqués en 2012, dans des coupes forestières récentes envahies par le nerprun bourdaine :

 

La mise en andains, qui sert de témoin;

La herse forestière;

Le broyeur forestier;

L’application d’un herbicide.

 

L’été suivant, en 2013, nous avons mis en terre des plants de fortes dimensions d’épinettes blanches (Picea glauca). La survie, la croissance et la physiologie de l’épinette blanche seront mesurées après trois ans pour vérifier l’effet compétitif du nerprun sur les arbres mis en terre. Des inventaires annuels de végétation seront aussi réalisés pour suivre l’évolution du couvert de nerprun dans chacun des traitements.

 

Pour en savoir plus…

. CATLING, P.M., et Z.S. POREBSKI. The History of Invasion and Current Status of Glossy Buckthorn, Rhamnus frangula, in Southern Ontario, Canadian Field-Naturalist, no 108, 1994, p. 305-310.

. GODWIN, H. Frangula Alnus Miller, Journal of Ecology, no 31, 1943, p.77-92.

 

Remerciements

La Direction de la recherche forestière (DRF) du ministère des Ressources naturelles remercie Mario Dionne, de l’Agence de mise en valeur de la forêt privée de l’Estrie, pour sa collaboration et son implication dans l’établissement du dispositif expérimental présenté dans cet Avis de recherche.

 

Les informations de cet article sont issues d’une publication de la DRF du ministère des Ressources naturelles.

 

Vous pouvez joindre la DRF par téléphone : 418 643-7994 ou par courriel :  recherche.forestiere@mrn.gouv.qc.ca

 

Article paru dans le Forêts de chez nous de mai 2014.

 

Conseils

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Pour identifier tout type de végétal, consultez l’herbier du Québec.

 

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Publié le 18 juin, 2019