Une action concrète pour sauver l’ail des bois

Chaque printemps, une équipe d’étudiants du baccalauréat en études de l’environnement de l’Université de Sherbrooke prépare et supervise cette activité pour la région des Cantons de l’Est. C’est ainsi que plus de 6000 graines d’ail des bois ont été semées, créant de nouvelles colonies dans la région.

C’est en mai 2013 que le Centre universitaire de formation en environnement et développement durable (CUFE) de l’Université de Sherbrooke s’est joint au projet SEM’AILjr, lancé par le Biodôme de Montréal. Ce programme de conservation de la biodiversité pour le milieu scolaire vise à sensibiliser les élèves à l’importance de la conservation de la biodiversité, en les faisant participer à la restauration d’une espèce vulnérable.

Vincent Thériault et Rosée-Lee Cloutier faisaient partie de l’équipe en 2017. « L’aventure a débuté par une visite éducative dans la classe des élèves. Ce premier contact visait à présenter les notions fondamentales de biodiversité, d’écosystème et d’habitat, et ce, plus particulièrement pour l’ail des bois. C’est à ce moment que les élèves se voyaient confiés la mission top secrète du F.B.Ail. », explique Vincent. Il est convaincu de la pertinence de ce type de projet auprès d’enfants d’âge scolaire : « leur système de valeurs et en pleine construction. En étant exposés tôt dans leur vie à ces enjeux, leur conscience environnementale peut être davantage profonde ».

Rosée-Lee remarque qu’à cet âge leur curiosité naturelle en fait des interlocuteurs ouverts et prêts à passer à l’action. « La semaine suivante, nous sommes allés sur le terrain avec eux afin d’identifier des plantes et qu’ils deviennent les « sauveurs de l’ail des bois » en plantant des graines qui aideront à augmenter les populations de cette espèce vulnérable ». L’excursion était animée par les étudiants et un agent de la protection de la faune.

Saviez-vous que 20 % de la flore indigène du Québec est actuellement considérée comme menacée de disparition ou vulnérable? Des mesures concrètes doivent être déployées afin de renverser cet important déclin. C’est au sein des communautés elles-mêmes, que les acteurs de changement ont le plus grand rôle à jouer. En 1999, le Biodôme de Montréal lançait SEM’ AIL, un programme public de sensibilisation, d’éducation et de restauration pour l’ail des bois. De 2000 à 2004, un million de graines d’ail des bois ont été distribuées à 1117 propriétaires d’érablières, contribuant à la création de plus de 500 nouvelles colonies réparties dans le sud du Québec.

Participer à ce projet en tant qu’animateur est une source de satisfaction pour Vincent. « Ce projet m’a apporté une plus large conscience de l’importance que peut avoir la sensibilisation auprès des plus jeunes de notre société. Il demeure primordial de leur faire comprendre qu’elles et ils détiennent un pouvoir sur leur avenir et que leurs actions combinées aux efforts collectifs peuvent contribuer de façon significative à la protection de nos écosystèmes et de leurs espèces. Comprendre cela n’avait tout simplement pas de prix ». Pour sa part, Rosée-Lee a la certitude qu’elle souhaite participer à plus de projets dynamiques et concrets pour l’environnement comme celui-ci.

Dans quelques semaines, les élèves de plusieurs écoles situées dans les régions où l’ail des bois a connu le plus fort déclin, soit dans les Cantons de l’Est, la Montérégie, l’Outaouais et les Laurentides, se rendront en forêt afin de poser un geste concret pour la sauvegarde de l’espèce. Ils sèmeront des graines d’ail des bois provenant de leur région, dans un habitat propice et protégé. Ainsi, chaque élève engagé dans une telle opération de restauration de l’ail des des bois dans sa communauté devient un acteur en conservation de la biodiversité au Québec.

Source: Mission SEM’AIL