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Bois d’oeuvre: le Canada se tourne vers l’OMC

Le Canada a décidé de porter le conflit sur le commerce du bois d’oeuvre devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), entreprenant un combat qui pourrait s’étendre sur plusieurs années devant l’organisation internationale.

Le gouvernement canadien a demandé, mardi, à l’OMC, la tenue de consultations avec les États-Unis au sujet des droits punitifs américains imposés sur son bois d’oeuvre résineux, un premier pas vers l’établissement éventuel d’un comité de règlement du litige.

Le Canada fait valoir que la décision des États-Unis d’imposer des droits antidumping et compensatoires est «injuste, non fondée et profondément préoccupante».

Une bataille similaire devant l’OMC s’était jadis étirée sur quatre ans, avant que la conclusion d’un accord temporaire en 2006 ne mette le couvercle sur le différend commercial pendant environ dix ans.

Le conflit a refait surface cette année lorsque les États-Unis ont imposé une série de pénalités au Canada, qu’ils accusent de subventionner injustement ses producteurs de bois d’oeuvre en leur accordant un accès aux terres publiques à faible prix.
Il s’agit du plus récent développement dans un conflit qui perdure depuis l’échec des efforts visant à renouveler un accord commercial entre les deux pays, qui a expiré en 2015.

Dans une lettre adressée à un représentant américain de l’OMC, mardi, le gouvernement Trudeau soutient que les pénalités contre le Canada se basent sur des données erronées et une méthodologie partisane.

«Nous défendrons vigoureusement l’industrie canadienne du bois d’oeuvre résineux», affirme le gouvernement.

Le Canada a aussi contesté les droits compensatoires, plus tôt en novembre, en faisant appel au système de résolution de conflit de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Le combat sur le bois d’oeuvre a ajouté un morceau de plus à la complexité des négociations en cours sur l’ALÉNA, alors que les États-Unis demandent simultanément d’éliminer le système de résolution de conflit en vertu de l’ALÉNA qui gère les dossiers sur le bois d’oeuvre.

Les exportations canadiennes de bois d’oeuvre vers les États-Unis sont en baisse d’environ 6 % en 2017 comparativement à l’année précédente, selon des statistiques fédérales analysées par la CIBC.

Les analystes de la banque affirment que le plus grand perdant jusqu’à maintenant est de loin la Colombie-Britannique – ses exportations aux États-Unis ont glissé de 20 %, en partie à cause des incendies de forêt. Les exportations du Nouveau-Brunswick ont baissé légèrement.

En Ontario et au Québec, les exportations ont en fait augmenté.

Tout de même, les gains les plus importants cette année ont été ceux de l’Allemagne, suivi par l’Autriche, la Suède, la Roumanie et la Russie.

Source: La Presse Canadienne, WASHINGTON, PHOTO DARRYL DYCK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE