Par Vincent Bouvet, B.A.

Une récession dans l’immédiat

Au fur et à mesure que les événements se succèdent, les économistes des plus importantes institutions au Canada et aux États-Unis révisent leurs prévisions du PIB et du taux de chômage. Plusieurs banques prévoient désormais une importante récession aux États-Unis et au Canada en 2020. La plupart des analystes estiment néanmoins que les économies américaine et canadienne devraient rebondir sous forme de « V » si la durée des mesures de confinement n’est pas trop longue, c’est-à-dire que la reprise serait rapide et prononcée après ce ralentissement brutal. Dans le cas contraire, les dommages à l’économie pourraient être beaucoup plus importants puisque la reprise s’échelonnerait sur plusieurs trimestres. Si dans l’immédiat plusieurs usines de produits forestiers ont cessé ou ralenti leur production en raison de l’arrêt des chantiers de construction en Amérique du Nord, il est difficile de prévoir l’effet à moyen terme de la crise de la COVID-19 sur le secteur forestier.

Dans l’immédiat, les producteurs de bois de la forêt privée au Québec ont une forte exposition par rapport à la performance économique en général (croissance du PIB aux É.-U. et au Canada). De plus, les marchés des producteurs de bois sont aussi directement liés aux prévisions de mises en chantier au Canada et aux États-Unis puisqu’en 2019, 85 % des livraisons de bois de la forêt privée ont été destinées à la production de matériaux de construction.

Marché de la construction aux États-Unis et la demande de bois d’œuvre

La construction résidentielle n’est pas répartie également aux États-Unis, mais est plutôt concentrée dans certaines zones où les coûts des terrains et des permis de construction sont demeurés abordables et l’urbanisation est en expansion. En effet, plus de la moitié des mises en chantier unifamiliales dans ce pays sont situées dans les zones géographiques « South Atlantic, 31 % », « East South Central, 7 % » et « West South Central, 19 % », comme le montre le graphique suivant. Selon la firme Forest Economic Advisers (FEA), il sera très important de regarder l’évolution des restrictions de construction dans ces États du Sud des États-Unis pour connaître l’effet de la crise sur la demande de bois d’œuvre.

 

Il sera également important de surveiller l’imposition de restrictions sanitaires dans les États les plus proches du Québec, recevant la majorité des livraisons de bois d’œuvre d’ici. Par exemple, les récentes annonces du Michigan et de la Pennsylvanie sont de mauvais augure pour les scieurs québécois, considérant que ces États ont acheté 9,4 % et 7,2 % de la valeur totale du bois d’œuvre résineux exporté aux États-Unis en provenance du Québec en 2019.

Il est important de mentionner qu’il est fort probable que des clients changent leurs sources d’approvisionnement traditionnelles, occasionnant beaucoup de substitutions sur les marchés. Ce comportement rend les prédictions des impacts plus difficiles pour le Québec. Malgré cela, le pouls du marché de la construction aux États-Unis et au Canada est sans conteste dans un important ralentissement.

Pour l’instant, la firme FEA a revu à la baisse ses prévisions de mises en chantier aux États-Unis à 1,21 million d’unités pour l’année 2020 par rapport à 1,38 million d’unités lors de la dernière publication du mois de février 2020 (-12 %). Cette firme appuie sa prévision sur une baisse de 50 % des mises en chantier pour les mois d’avril (0,8 million d’unités), mai (0,75 million d’unités) et juin (0,8 million d’unités) par rapport au niveau de février (1,6 million d’unités). Par la suite, les mises en chantier devraient graduellement reprendre pour atteindre un niveau normal (1,2 million d’unités) vers la fin de 2020. Le faible niveau d’endettement des Américains, comparativement aux niveaux historiques, et la poussée démographique des millénariaux devraient induire une demande robuste pour la construction une fois les inquiétudes et les mesures de confinement de la COVID-19 derrière nous.

L’économiste en chef de la National Association of Home Builders (NAHB) aux États-Unis estime que les probabilités d’une importante reprise économique à la fin de 2020 sont beaucoup plus élevées que dans le cas d’un choc financier causé par un endettement excessif des entreprises ou des ménages. Ainsi, celui-ci envisage que la demande pour la rénovation et la construction de maisons unifamiliales va diminuer en 2020, mais de façon moins importante que le reste de l’économie. De plus, la NAHB mentionne que le secteur de la construction aux États-Unis devrait être en mesure de produire un important rebond après la crise de la COVID-19. En effet, contrairement à d’autres secteurs de l’économie où les mesures de confinement éliminent la demande pour une période donnée, la demande de maisons sera simplement différée. Néanmoins, un sondage de la NAHB en date du 25 mars 2020 affirmait que 81 % des constructeurs de maison aux États-Unis estimaient que la COVID-19 a eu un effet négatif sur le trafic d’acheteurs potentiels.

De plus, la NAHB estime que les récentes actions de la Réserve fédérale américaine (FED) devraient soutenir des taux hypothécaires plus faibles pour les prochains mois. En plus d’avoir baissé son taux directeur à un niveau record (fourchette de 0 à 0,25 %), la FED a également annoncé le 15 mars dernier qu’elle allait procéder à des achats de plus de 200 milliards de créances hypothécaires afin de soutenir un niveau de liquidité adéquat et assurer le bon fonctionnement de ce marché. D’autres institutions importantes aux États-Unis mettent l’épaule à la roue afin de mitiger les impacts de la crise de la COVID-19 sur le marché immobilier. Les deux plus grandes agences de prêts hypothécaires aux États-Unis, Freddie Mac et Fannie Mae, offrent désormais la possibilité de suspendre les paiements hypothécaires pour une période maximale de 12 mois pour les personnes qui ont perdu leur emploi ou une partie de leur revenu en raison de la COVID-19.

Selon les grandes banques canadiennes, la crise devrait frapper plus fort au Canada qu’aux États-Unis, notamment en raison du choc pétrolier. La contraction de l’économie en général aura d’importantes implications pour le marché de l’habitation au Canada. Avant ces deux chocs (COVID-19 et la chute des prix du pétrole), les analystes anticipaient que les mises en chantier au Canada devaient être autour de 205 000 unités pour 2020, soit légèrement en dessous de la moyenne des 3 dernières années (214 000 unités). La Banque Scotia (la seule grande banque canadienne à avoir publié ses nouvelles prédictions) estime maintenant que les mises en chantier au Canada devraient être de seulement 126 000 unités, en baisse de 40 % par rapport aux 213 000 unités construites en 2019.

Offre de bois d’œuvre

En raison de la soudaine baisse de la demande et des restrictions gouvernementales, les scieries de partout à travers l’Amérique du Nord ajustent leur production afin de ne pas rester prises avec un stock important de bois d’œuvre invendu. Les plus grandes entreprises de bois d’œuvre du continent ont pratiquement toutes annoncé des suspensions de production au cours des derniers jours, en prévision d’une baisse importante de la demande (au Canada, les 6 plus grands producteurs ont produit 45 % des livraisons en 2019, et aux États-Unis, les 6 plus grands producteurs ont produit 42 % des livraisons).

Prix du bois d’œuvre

Moody’s estime que les perspectives pour les compagnies œuvrant dans le sous-secteur du bois d’œuvre et des matériaux en bois sont passées de positives à stables en raison de l’impact de la COVID-19. Selon l’agence de cotation, les prix du bois d’œuvre et des panneaux OSB rebondiront moins que précédemment anticipé.

De son côté, la firme FEA tente de mettre en perspective la récente chute du prix du bois d’œuvre sur les contrats à terme (d’un récent sommet de 478 $ US/MPMP à 293 $ US/MPMP en l’espace de quelques semaines). Il est important de rappeler que les prix du bois d’œuvre au comptant sont demeurés relativement élevés par rapport au marché des contrats à terme. FEA estime que le prix du bois d’œuvre devrait atteindre son plancher lorsque la plupart des producteurs ne seront plus en mesure de couvrir leur coût de production. La présente structure de coût des scieurs en Amérique du Nord implique que les scieurs de l’Ouest canadien et américain seront les premiers à annoncer des arrêts de production massifs. Les scieurs qui ne bénéficient pas d’économie d’échelle substantielle pourraient également être les premiers à avoir de la difficulté à rentabiliser leurs opérations.

Quant à la BMO, celle-ci a revu à la baisse sa prévision pour 2020 du prix annuel du bois d’œuvre, de 365 $ US/MPMP à 330 $ US/MPMP entre les mois de février et mars 2020.

L’impact pour les producteurs de bois des forêts privées québécoises

L’arrêt des chantiers de construction à travers l’Amérique du Nord, les fermetures temporaires ou le ralentissement dans le taux d’opération des scieries, et la réduction des prix du bois d’œuvre ne sont pas de bonnes nouvelles pour les producteurs de bois. L’espoir réside de voir cette crise se résorber rapidement cet automne puisque les facteurs démographiques aux États-Unis appellent un retour à la progression de mises en chantier et les bas taux hypothécaires soutiendront la construction résidentielle.

Rédaction : Vincent Bouvet Économiste forestier

Sources : [BARCHART] 2020. Lumber future. Repéré à https://www.barchart.com/futures/quotes/LSK20/overview, 24 mars 2020 [BMO] 2020. The goods, Commodities Slammed by COVID-19 Disruptions. Repéré à https://economics.bmo.com/media/pdf/8e01a2c6-d8b3-49b5-8347-eba97e1c118a.pdf, 26 mars 2020 [CNBC] 2020. Freddie Mac and Fannie Mae provide mortgage relief options due to impact of COVID-19. Repéré à https://www.newscentermaine.com/article/money/freddie-mac-and-fannie-mae-provide-mortgage-relief-options-due-to-impact-of-covid-19/97-70638a8f-9a4a-4bb4-992e-8ade78cc8c5c, 24 mars 2020. [FEA] 2020. Webinar on the effects of the Coronavirus on the US Economy, housing and wood products markets. Repéré à https://home.getfea.com/publications/the-effects-of-covid-19-on-the-us-economy-housing-and-wood-products-markets, 24 mars 2020 [FED] 2020. Federal Reserve issues FOMC statement. Repéré à https://www.federalreserve.gov/newsevents/pressreleases/monetary20200315a.htm, 24 mars 2020 [INTERFOR] 2020. Interfor Announces Initiatives to Address Prevailing COVID-19 Environment. Repéré à https://www.interfor.com/sites/default/files/docs/reports/interfor-announces-initiatives-to-address-prevailing-covid-19-environment_0.pdf, 24 mars 2020 [INNOVATION, SCIENCES ET DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE CANADA] 2020. Données sur le commerce en direct. Repéré à https://www.ic.gc.ca/app/scr/tdst/tdo/crtr.html?grouped=GROUPED&searchType=KS_CS&naArea=P24&countryList=SALL&toFromCountry=CDN&reportType=TE&timePeriod=5%7CComplete+Years&currency=CDN&productType=HS6&hSelectedCodes=%7C440711%7C440712%7C440719&runReport=true, 26 mars 2020. [LELACSTJEAN] 2020. Résolu ferme des usines. Repéré à https://lelacstjean.com/actualite/resolu-ferme-des-usines/, 24 mars 2020. [NAHB] 2020. Where Can Home Builders Stay on the Job? Repéré à

https://www.nahb.org/Advocacy/Industry-Issues/Emergency-Preparedness-and-Response/Coronavirus-Preparedness/Stay-on-the-Jobsite, 24 mars 2020 [NAHB] 2020. NAHB Podcast: Coronavirus Updates. Repéré à http://nahbnow.com/2020/03/nahb-podcast-coronavirus-updates/, 24 mars 2020 [NAHB] 2020. Survey: Builders Say Coronavirus Hurting Traffic. Repéré à http://eyeonhousing.org/2020/03/survey-builders-say-coronavirus-hurting-traffic/, 25 mars 2020 [PULPANDPAPERCANADA] 2020. Coronavirus will drive paper, pulp prices lower: Moody’s. Repéré à https://www.pulpandpapercanada.com/coronavirus-will-drive-paper-pulp-prices-lower-moodys/?oly_enc_id=2571F2144245G5W, 24 mars 2020. [PFR] 2020. Résolu annonce une mise à jour sur les répercussions temporaires de la COVID-19 sur ses activités. Repéré à https://pfresolu.mediaroom.com/2020-03-24-Resolu-annonce-une-mise-a-jour-sur-les-repercussions-temporaires-de-la-COVID-19-sur-ses-activites, 24 mars 2020. [RADIO-CANADA] 2020. Plusieurs scieries de la région sont considérées comme services essentiels. Repéré à https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1684778/scieries-services-essentiels-mesures-sanitaires-covid-19, 24 mars 2020. [SCOTIABANK] 2020. Forecast Update: Economies Shutting Down. Repéré à https://www.scotiabank.com/content/dam/scotiabank/sub-brands/scotiabank-economics/english/documents/forecast-tables/forecast_20200325.pdf, 26 mars 2020. [TD] 2020. Forecast UpdatE. Repéré à https://economics.td.com/ca-forecast-update, 26 mars 2020. [WEST FRASER] 2020. West Fraser Announces COVID-19 Pandemic Response Plan. Repéré à https://www.westfraser.com/investors/news/news-releases/west-fraser-announces-covid-19-pandemic-response-plan, 24 mars 2020. [WEST FRASER] 2020. Annual Report 2019. Repéré à https://www.westfraser.com/sites/default/files/West%20Fraser%202019%20Annual%20Report.pdf, 24 mars 2020. [WESTERN FOREST PRODUCT] 2020. Western Announces Temporary Production Curtailments. Repéré à https://www.westernforest.com/wp-content/uploads/2020/02/NR-Temporary-Production-Curtailments-2020_03_22-Final.pdf, 24 mars 2020.

Articles :

Pages : Sciage et déroulage

Usines : Produits Forestier Résolu

Catégories : Sciage et déroulage

Mots-clefs : Produits Forestier Résolu

Détails du concours

Courez la chance de gagner une visite conseil faite par un ingénieur ou un technicien forestier d’une valeur de 350 $.

Cette visite terrain permet à un conseiller forestier de passer quelques heures avec vous sur votre boisé. Vous profiterez ainsi de son expertise et de son expérience en forêt pour discuter de la mise en valeur de votre boisé.

Le concours débute le 30 mars et se termine le 30 septembre 2020.

Les gagnants seront avisés par courriel et dévoilés en ligne dans la semaine du 12 octobre 2020.

Critères d’admissibilité

– Avoir un boisé de 4 hectares et plus

– Ne pas être enregistré comme producteur forestier au moment du concours

– Ne pas posséder de plan d’aménagement forestier en vigueur au moment du concours

Vous devez avoir complété le formulaire de participation avant le 30 septembre 2020, minuit.

 

Le mardi 24 mars 2020                                         

COVID-19 – AVIS AUX PRODUCTEURS FORESTIERS

 

Le cabinet du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs a confirmé que la chaîne d’approvisionnement du secteur des pâtes et papiers et du sciage était considérée comme un secteur essentiel.

 

La majorité des usines, dont Domtar, ont suspendu leur achat de bois rond jusqu’à nouvel ordre.  Nous maintenons donc notre avis de prudence aux producteurs forestiers communiqué vendredi dernier.

 

Le SPFSQ gardera son service de paie aux producteurs ouvert, mais afin de respecter les directives du gouvernement provincial, il sera à effectifs réduit.  Les autres services sont suspendus jusqu’au 13 avril 2020.

 

Tous les paiements d’usines que nous recevrons seront traités une fois par semaine.

 

Nous vous informerons régulièrement de la situation via les différents moyens de communication du Syndicat.

 

Selon l’évolution de la pandémie, d’autres recommandations pourraient être émises.

 

Merci de votre compréhension et n’hésitez pas à nous contacter pour plus d’information.

 

Martin Larrivée

Directeur général

Suite à l’avis d’arrêt des achats de Domtar et de la majorité des scieries, considérant l’incertitude actuelle sur les marchés du bois et l’évolution rapide de la pandémie du coronavirus, le Syndicat des Producteurs forestiers du Sud du Québec demande aux producteurs forestiers de faire cesser les opérations de tous les entrepreneurs de récolte à leur service et de retarder la récolte de leur bois, lorsque possible, en juin ou plus tard afin de ne pas avoir à composer avec des délais de livraison anormalement élevés pour l’ensemble de leur bois. 

 

Nous ne garantissons aucun paiement pour tous les bois produits suite au présent avis si l’usine n’est plus en mesure d’assurer ses engagements financiers.  Les producteurs qui continuent à produire prennent donc le risque de perdre toute leur production advenant que les usines cessent leurs achats sur une trop longue période ou qu’elles ne soient pas en mesure d’effectuer les payements du bois.

 

Nous vous conseillons de rester à l’affût des marchés et de vous informer régulièrement de la situation via les différents moyens de communication du Syndicat.

 

Selon l’évolution de la pandémie, d’autres recommandations pourraient être émises.

 

Merci de votre compréhension et n’hésitez pas à nous contacter pour plus d’information.

Martin Larrivée ing. f.

Directeur général

 

Sherbrooke, le 13 mars 2020 –

Le premier ministre du Québec a annoncé hier plusieurs mesures de prévention pour endiguer la propagation du COVID-19.  Compte tenu du risque de propagation et, compte tenu également du fait qu’un nombre important de nos producteurs sont âgés de plus de 65 ans et sont de ce fait davantage à risque de contracter le virus, à titre préventif, le Syndicat des Producteurs forestiers du Sud du Québec (SPFSQ), sur décision unanime des officiers du conseil d’administration, suspend toutes ses activités syndicales et celle du Plan conjoint jusqu’à nouvel ordre par mesure de prévention, étant donné le contexte d’urgence de la situation et afin d’agir en toute responsabilité.

De plus, la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec nous a informés ce matin qu’elle reportait la tenue des audiences publiques du 24 au 27 mars au 20, 21 et 22 mai prochain étant donné qu’un des membres de la formation est à l’étranger présentement et qu’il devra être deux semaines en quarantaine à son retour prévu dimanche prochain.

Le Syndicat demeure en contact avec les autorités civiles et suit de près l’évolution de la situation. D’autres directives pourront être communiquées en temps et lieu.

Le Syndicat a une pensée pour les personnes affectées par ce virus, pour celles qui s’en inquiètent et pour le personnel soignant qui se dévoue avec grande générosité.

À propos du Syndicat des Producteurs forestiers du Sud du Québec

Le Syndicat est le gestionnaire du Plan conjoint des Producteurs forestiers du Sud du Québec.  Il regroupe 11 860 propriétaires de boisés dans les régions administratives de l’Estrie, Montérégie, Centre-du-Québec et Chaudière-Appalaches.  Son territoire couvre 24 450 km2 (2 454 440 hectares ou 6 millions d’acres) dont 43 % sont composés de terrains forestiers productifs.  Les forêts du Sud du Québec appartiennent à plus de 90 % à des propriétaires forestiers privés.

 

Renseignements :

 

Martin Larrivée

Directeur général

Syndicat des Producteurs forestiers

du Sud du Québec

Tél. : 819 346-8905 poste 110

Courriel : mlarrivee@upa.qc.ca

 

Le Gouvernement du Québec dévoile son Plan de soutien des partenaires au développement de la forêt privée 2020-2024

Québec, le 19 février 2020 – Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, M. Pierre Dufour, a profité de son passage au Forum des communautés forestières de la Fédération québécoise des municipalités pour dévoiler le Plan de soutien des partenaires au développement de la forêt privée 2020-2024. Le gouvernement du Québec confirme ainsi sa volonté de prioriser les actions qui contribueront au développement de la forêt privée au cours des prochaines années.

Le plan, dont la vision s’inspire des idées des propriétaires de boisés actifs et fiers de contribuer à la prospérité du Québec et à la lutte contre les changements climatiques, se décline en quatre grandes orientations :

encourager la production de bois à l’aide d’interventions qui incitent les propriétaires à mettre en valeur le potentiel sylvicole de leurs boisés;
réaliser et poursuivre les scénarios sylvicoles rentables économiquement par des investissements suffisants et qui sont appuyés d’un argumentaire économique;
valoriser la contribution des producteurs forestiers à la société, soit par le maintien des fonctions écologiques des milieux naturels et la participation à la lutte contre les changements climatiques;
appuyer le développement des organisations, des entrepreneurs et des travailleurs actifs en forêt privée en créant un environnement de travail stimulant qui favorise le recrutement et la rétention de la main-d’œuvre.
Cette planification a été élaborée avec les membres du Forum des partenaires de la forêt privée. La contribution de tous les acteurs à sa mise en œuvre est essentielle pour en assurer la réussite.

Citations
« Notre gouvernement a l’intention de travailler en étroite collaboration avec ses partenaires afin de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour poursuivre le développement de la forêt privée. Ainsi, le secteur forestier contribuera à créer de la richesse dans l’ensemble des régions du Québec et à mettre à profit nos ressources renouvelables pour relever les défis du 21e siècle, notamment celui de la lutte contre les changements climatiques. »

M. Pierre Dufour, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs et ministre responsable de la région de l’Abitibi-Témiscamingue et de la région du Nord-du-Québec

« À titre de porte-parole des communautés forestières, la FQM croit au potentiel de l’industrie forestière autant pour dynamiser l’économie du Québec que pour lutter contre les changements climatiques. La FQM collaborera avec le gouvernement pour la mise en œuvre du Plan de soutien des partenaires au développement de la forêt privée 2020-2024. »

M. Luc Simard, président du Regroupement des communautés forestières et préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine

Liens connexes
Le Plan de soutien des partenaires au développement de la forêt privée 2020-2024 donne suite à la Planification stratégique de soutien au développement de la forêt privée 2015-2019.
Pour consulter le Plan de soutien des partenaires au développement de la forêt privée 2020-2024, visitez le https://mffp.gouv.qc.ca/les-forets/forets-privees/grandes-orientations-amenagement-gestion/

 

Le 17 janvier 2020

La Presse Canadienne

Les réductions de la production canadienne et une reprise des mises en chantier aux États-Unis alimentée par la demande des consommateurs devraient améliorer les perspectives des industries du bois d’œuvre et des panneaux cette année, soulignent des analystes.

Dans un rapport de recherche, l’analyste Paul Quinn, de la Banque Royale, a calculé que les producteurs de bois d’oeuvre de la Colombie-Britannique avaient fermé de façon permanente des installations responsables de 18 % de la capacité de la province, ce qui devrait permettre de ramener l’offre nord-américaine à un niveau plus conforme à la demande et soutenir des hausses de prix.

M. Quinn a ajouté que la fermeture de trois usines de panneaux de copeaux orientés et celle d’une partie d’une quatrième installation avaient retranché environ 9,5 % à la capacité de production nord-américaine de ces panneaux.

La Banque Royale s’attend à ce que les mises en chantier aux États-Unis augmentent d’environ 2,5 % cette année pour atteindre 1,3 million d’unités, alimentées par la vigueur du secteur des maisons unifamiliales. La demande pour le bois d’œuvre devrait aussi augmenter avec l’adoption de nouvelles méthodes qui permettent construction de plus hauts bâtiments en bois.

Les analystes de la CIBC sont également optimistes vis-à-vis du secteur nord-américain du bois d’oeuvre, étant donné la hausse des mises en chantier cette année et leur estimation d’une baisse de 5 % de l’offre par rapport à l’an dernier.

Dans un rapport, ils disent s’attendre à une robuste saison de vente au printemps, avec de probables hausses du prix du bois d’oeuvre et du cours des actions des producteurs.

«2019 a été l’une des pires années de mémoire pour les entreprises de bois d’oeuvre et de panneaux de copeaux orientés, la plupart signalant une baisse significative de leur rentabilité et voyant leur valeur nette se détériorer», a noté M. Quinn, de la Royale.

«Cependant, un certain nombre de développements positifs nous permettent d’être de plus en plus optimistes.»

Depuis août dernier, afin de faire connaître son programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées, l’Agence forestière de la Montérégie (AFM) offre des visites-conseils aux propriétaires de boisés intéressés, réalisées par des conseillers forestiers accrédités.

L’Agence forestière de la Montérégie (AFM) est un organisme régional, dont le mandant est d’orienter et de développer la mise en valeur de la forêt privée de son territoire.  C’est elle qui administre le programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées pour la Montérégie.  Ce programme offre un soutien financier et technique aux producteurs forestiers qui font des travaux d’aménagement forestier dans leur boisé.

La visite-conseil offerte consiste en une visite de la propriété forestière, d’une durée approximative de 2 heures, au cours de laquelle un conseiller forestier accompagne le propriétaire en forêt pour parler d’aménagement forestier.  Il s’agit d’une visite personnalisée, où l’information transmise est adaptée au boisé et aux objectifs du propriétaire.  Elle permet au conseiller de transmettre de l’information au propriétaire sur le potentiel de son boisé, sur sa possibilité de devenir producteur forestier et la façon de s’y prendre.  Le conseiller y fera valoir les avantages liés à l’aménagement durable du boisé, à la production de bois ainsi qu’à sa mise en marché.  Le conseiller informe aussi le propriétaire de l’existence et du fonctionnement de divers programmes d’aide liés à la mise en valeur des forêts auxquels il serait susceptible d’avoir droit.

Cette visite-conseil est sans frais pour le propriétaire et ne s’accompagne d’aucune contrainte pour le propriétaire de réaliser (ou de faire réaliser) les travaux qui pourraient lui être proposés par le conseiller forestier.

Pour être admissible à une visite-conseil gratuite, une personne doit :

  • Être propriétaire d’un terrain à vocation forestière d’une superficie minimale de 4 ha, se trouvant dans la région administrative de la Montérégie. (En cas de doute, voir la liste des municipalités de la Montérégie avec carte);
  • Ne pas être enregistrée comme producteur forestier, ou, s’il elle l’est, elle ne doit pas avoir reçu de financement du programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées au cours des 5 dernières années;
  • Ne pas avoir déjà bénéficié d’une visite-conseil financée par l’AFM, puisqu’une seule visite-conseil est accordée par propriétaire;
  • Accompagner le conseiller forestier tout au long de la visite-conseil de son terrain forestier;
  • Accepter de signer le rapport de visite que préparera le conseiller forestier suite à la visite-conseil.

Comment obtenir une visite-conseil?

Pour avoir droit à une visite-conseil, le propriétaire doit la demander à un conseiller forestier de son choix, accrédité par l’AFM. (Consulter la liste et les coordonnées des conseillers forestiers accrédités en Montérégie)

Pour plus d’information, contactez Steve Breton à l’Agence forestière de la Montérégie!

16 décembre 2019

La crise du propane vécue au mois de novembre fera exploser la demande pour de l’équipement de séchage du grain et de chauffage de bâtiments alimenté à la biomasse forestière, atteste Mathieu Béland, coordonnateur de Vision Biomasse Québec. « La biomasse assure une sécurité énergétique, une réduction des coûts et une meilleure empreinte carbone que le propane. C’était déjà en progression, mais je m’attends à voir un boom jamais vu [déclenché par la pénurie de propane] », dit M. Béland, dont l’organisme est un regroupement d’organisations voulant promouvoir le chauffage à la biomasse forestière québécoise.

Dominic Paulhus, directeur des ventes nationales pour Mabre Canada, une compagnie italienne spécialisée en fournaises, abonde dans le même sens. « Depuis le début de la grève, j’ai reçu plus de 100 appels de producteurs qui veulent se convertir à la biomasse. On a dû détourner trois équipements de séchage des grains à la biomasse qui étaient destinés à des clients américains pour les installer d’urgence dans des fermes du Québec », raconte M. Paulhus, qui salue d’ailleurs la solidarité de ces agriculteurs américains qui ont accepté volontiers de laisser leur appareil à leurs confrères québécois.

La compagnie québécoise Séquoia, spécialisée en systèmes de production de chaleur au bois, a aussi été interpellée par des agriculteurs désirant acheter une fournaise à la biomasse pour solutionner la pénurie de propane. « Je n’ai pas pu dépanner autant de producteurs que j’aurais voulu. On est déjà en rupture de stock. Je crois que la crise et la hausse du prix du propane de 20 % vont inciter les producteurs à être plus automnes », dit le vice-président Alexandre Couture.

Payant

À Bécancour, près de Trois-Rivières, le producteur Stéphane Parr a également été contacté par d’autres agriculteurs qui s’intéressent à son système de chaleur à la biomasse. La famille Parr sèche son grain, chauffe ses poulaillers et même ceux des voisins depuis six ans à l’aide de ses deux fournaises fabriquées au Québec. « Ça nous a coûté 800 000 $ et ça s’est payé en quatre ans », calcule M. Parr. Il souligne la stabilité des prix des copeaux de bois qu’il achète d’un centre de tri régional et la fiabilité des approvisionnements depuis le tout début. « Il y a des copeaux pour les fins et les fous », assure M. Parr. « Mais pour que la biomasse soit rentable, il faut que tu aies de quoi à chauffer qui vaille la peine [en termes de superficie] », nuance-t-il.

400 millions de litres

Vision Biomasse Québec souhaite, d’ici 2025, substituer annuellement 400 millions de litres de combustibles fossiles, réduire les émissions d’un million de tonnes métriques d’équivalent CO2 et valoriser annuellement 1 million de tonnes métriques de biomasses forestières.

 

16 novembre 2019

JOHANNE FOURNIER

Collaboration spéciale

 

Une mobilisation de tous les acteurs de l’industrie forestière permet, depuis plusieurs mois, de traiter de différents aspects de la forêt québécoise. Après l’aménagement, l’exploitation contrôlée et les défis technologiques, nous parlerons d’innovation et des prochains enjeux pour ce secteur d’activités. La forêt en général procure 60 000 emplois au Québec et génère un chiffre d’affaires de 19 milliards$. Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles pour mieux faire connaître la forêt d’ici. 20e de 20.

MATANE – «Le gouvernement du Québec a à coeur d’assurer une gestion durable des forêts québécoises puisque des forêts en santé bénéficient à l’ensemble des citoyens du Québec et de ses régions», estime le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour. À son avis, la forêt est essentielle au soutien de l’économie.

«L’environnement et l’économie ne sont pas des valeurs qui s’affrontent, car l’une a besoin de l’autre», spécifie-t-il. Le parlementaire précise que son ministère investit 250 millions$ annuellement pour assurer la régénération des forêts et améliorer leur rendement. «Ces travaux contribuent à créer plus de richesse, tout en soutenant la vitalité économique des régions», soutient-il.

La gestion forestière du Québec est soumise à un cadre légal et réglementaire qui est strict et rigoureux. L’aménagement durable des forêts constitue le coeur du régime forestier québécois.

«Le programme d’inventaire forestier du Ministère permet d’acquérir et de diffuser des connaissances détaillées et de grande qualité sur les écosystèmes forestiers, poursuit le politicien. Les connaissances acquises orientent les choix qui sont faits par le gouvernement du Québec pour assurer l’aménagement durable des forêts […]. Ces travaux permettent également de suivre l’évolution de notre patrimoine forestier.»

Le mandat du MFFP consiste à produire, à intégrer et à transférer des connaissances provenant de la recherche scientifique qui porte sur l’aménagement durable des forêts, ce qui permet d’éclairer les décideurs et d’améliorer les pratiques forestières du Québec.

Le MFFP produit un bilan quinquennal de l’aménagement forestier. Le bilan pour 2013 à 2018, qui rendra compte de façon détaillée de l’état de nos forêts, sera déposé à l’Assemblée nationale l’an prochain. La récolte représente 60% de la possibilité forestière du Québec. «Les forêts du Québec sont loin d’être menacées», indique Pierre Dufour.

Selon lui, «l’implantation du régime forestier en 2013 a confirmé la place du Québec comme un chef de file mondial en matière d’aménagement durable des forêts. Nos pratiques forestières sont parmi les meilleures au monde. D’ailleurs, plus de 90% de la superficie des forêts publiques sont certifiées par des organismes indépendants.»

Selon le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, des forêts en santé bénéficient à l’ensemble des citoyens du Québec et de ses régions.

Selon le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, des forêts en santé bénéficient à l’ensemble des citoyens du Québec et de ses régions.

FOURNIE PAR LE MFFP

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La forêt québécoise en chiffres

250 millions $/an pour la régénération des forêts

60% de la superficie forestière récoltée

90% de la superficie des forêts publiques certifiées

60 000 emplois liés à la forêt

134 000 propriétaires forestiers

29 800 producteurs forestiers

Article sur le site de la Fédération des Producteurs Forestiers du Québec

https://www.foretprivee.ca/je-minforme/publications-et-abonnements/revue-de-presse-de-la-foret-privee/