Plus d’exportations, mais moins de parts de marché

Malgré la hausse des expéditions de bois d’œuvre vers les États-Unis, le Canada a perdu des parts de marché en 2017. Les chiffres des trois premiers trimestres de 2016 et de 2017 démontrent que cette part de marché est passée de 32,3 % à 29,5 %.

Les scieries canadiennes réussissent malgré tout à faire des profits grâce aux prix, les plus élevés depuis 10 ans.

Ce sont surtout les producteurs américains qui ont profité de la forte demande de nos voisins. Ils ont augmenté leur production de 4,3 % de janvier à octobre 2017 par rapport à la même période en 2016. De son côté, la production canadienne stagne avec une hausse de seulement 0,2 % pour les mêmes mois, surtout en raison d’une baisse en Colombie-Britannique.

Le volume de bois d’œuvre québécois expédié aux États-Unis en 2017 s’est tout de même établi à 2,91 milliards de pieds-planche, en hausse de 1,4 % par rapport à 2016. Ce volume exporté au sud de la frontière représente 45 % du bois produit au Québec. Le reste est vendu dans la province et dans le reste du Canada.

Toutes ces statistiques ont été compilées par la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) et par le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) sur la base des chiffres du fédéral.

Le CIFQ a précisé à La Terre que le prix moyen du bois d’œuvre (de catégorie 1 et 2) était en ce moment de 645 $ par mille pieds-planche sur le marché américain. Ce prix, du jamais vu en 10 ans, permet aux scieries de faire des profits malgré les droits compensateurs et antidumping moyens de 20,83 %.

« La hausse du prix du bois rond ne suit pas la même amplitude », déplore Marc-André Côté, directeur général de la FPFQ, qui précise néanmoins que « la demande a été forte » pour le bois non transformé.

Demande

La demande américaine est forte, notamment en raison des ouragans au Texas et en Floride et de la vigueur de l’économie. La firme Moody’s prévoit 1,3 million de mises en chantier en 2018 aux États-Unis. « Si les mises en chantier augmentaient à 1,5 million, il n’y aurait pas assez de bois en Amérique du Nord », indique Michel Vincent, économiste en chef du CIFQ. Ce dernier pense que les bonnes années passées de 2 millions de mises en chantier aux États-Unis sont derrière nous même si l’économie américaine tourne à plein régime. L’économiste du CIFQ estime que les deux principaux facteurs qui limitent les mises en chantier chez nos voisins sont la pénurie de la main-d’œuvre en construction et la rareté des terrains disponibles. L’accès au crédit ne serait plus un facteur limitatif.

Source: THIERRY LARIVIÈRE, TCN