Aux États-Unis, les dépenses et les investissements liés au marché de l’immobilier résidentiel font partie des principaux éléments moteurs de l’économie.

Or, ce marché est en repli depuis quelques mois, au point d’interpeller les analystes de l’économie américaine qui sont à l’affût des indicateurs d’un éventuel revirement négatif.

C’est pourquoi la mise à jour des mesures de mises en chantier résidentielles et des permis de bâtir aux États-Unis, attendue demain pour le mois d’octobre, sera sous surveillance.

Selon le relevé d’économistes effectué par Thomson Reuters, on s’attend en moyenne à un léger rebond mensuel des mises en chantier, à environ 1,23 million d’unités en octobre.

Le repli du marché de la construction et de la rénovation aux États-Unis se fait sentir sur les résultats et la valeur boursière des gros détaillants comme Home Depot et Lowe’s, qui comprend Rona au Canada.

Le repli de la construction résidentielle aux États-Unis se répercute aussi sur le prix du bois d’oeuvre sur le marché nord-américain.

L’indice PPI du bois d’oeuvre (prix payés aux producteurs) aux États-Unis est en rechute de 16 % depuis le sommet historique atteint en juin dernier.

Cette rechute touche aussi la valeur boursière des principaux producteurs de bois d’oeuvre. Parmi eux, on retrouve de grosses entreprises canadiennes comme Canfor et West Fraser Timber, dans l’ouest du pays, ainsi que Norbord et Produits forestiers Résolu, plus actives dans l’est du Canada.

À la Bourse de Toronto, les actions de ces entreprises sont en repli moyen de 25 % à 40 % par rapport aux sommets de valeur qu’elles avaient atteints entre juin et septembre.

Canada: le point sur la consommation

Les investisseurs auront l’oeil vendredi sur la mise à jour de deux indicateurs-clés de la consommation au Canada. D’une part, les indices des prix à la consommation, ou IPC dans le jargon économique, permettront de faire le point sur l’inflation en octobre. Il s’agit aussi d’une mesure-clé qui aura des répercussions sur les prochaines décisions de taux d’intérêt de la Banque du Canada. La dernière mesure d’inflation en septembre était à 2,2 %, en repli depuis l’été, mais encore à ses niveaux les plus élevés en cinq ans. Par ailleurs, Statistique Canada publiera vendredi sa mesure des ventes au détail durant le mois de septembre, ainsi que pour le troisième trimestre. La question parmi les économistes : est-ce que le repli mensuel des ventes au détail observé depuis quelques mois au Canada s’est poursuivi en septembre ?

Source: Martin Vallières, LaPresse

Source : Louis Tremblay, Le Quotidien 16 octobre 2018

Le prix du bois d’oeuvre est en chute libre depuis le début de l’automne. Il s’agit de la plus importante baisse de prix enregistrée depuis les 30 dernières années, alors que les ventes du 1000 PMP (pied mesure de planche) se rapprochent dangereusement des coûts de production des usines québécoises.

 

Le marché du bois d’oeuvre est ainsi passé d’un record historique de 746 $ CD le 1000 PMP en juin dernier à 495 $ CD le 1000 PMP selon l’indice Pribec, lundi matin. Une dégringolade qui risque sérieusement de ralentir les investissements dans les équipements de production qui avaient repris depuis 2016.

 

L’économiste du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), Michel Vincent, explique que les scieurs ont connu une excellente année en 2017 et un très bon début d’année 2018. « L’industrie a effectivement connu une très bonne période, mais elle a duré un peu plus d’un an, alors que la crise avait duré cinq ans et coûté 1G$ US à l’industrie canadienne que les scieurs américains ont récupérée sans investir un seul dollar. »

 

« Ce que nous envisageons, reprend l’économiste, est une stabilisation des prix et la fin des chutes radicales comme celles que nous avons connues au cours des dernières semaines. Il n’y a pas d’indice d’une nouvelle hausse à court terme. Lors de la dernière crise, les prix avaient fléchi deux ans avant la récession. »

 

Les producteurs canadiens et québécois, en raison de la vigueur des prix, pouvaient exporter tout en versant au Département du commerce une surtaxe de 20 % sur les exportations. L’argent est dans un compte en fiducie pour chaque entreprise. La chute des prix rend l’exercice beaucoup plus difficile, selon l’économiste, puisque les entreprises ne savent pas quand elles vont récupérer leur dépôt et si elles toucheront la totalité des sommes versées en surtaxe à la fin du litige.

 

Les causes de la chute des prix sont multiples et découlent de la hausse des prix survenue aux États-Unis. La Suède, l’Allemagne et certains autres pays d’Europe ont exporté massivement sur le marché américain pendant que les scieurs de l’ouest du Canada reprenaient les livraisons. L’offre a ainsi monté rapidement alors que la demande est demeurée assez faible malgré la robustesse de l’économie américaine.

« En ce moment, les mises en marché aux États-Unis sont toujours sous les moyennes historiques. Nous sommes donc dans une situation où il y a beaucoup de bois sur le marché et une demande très moyenne. Des facteurs limitent la hausse des mises en chantier et la demande devrait donc demeurer sous la moyenne historique. »

 

Les promoteurs immobiliers font aujourd’hui face aux États-Unis à des restrictions sur le développement de nouveaux projets domiciliaires. Les villes ont appris de la dernière crise et il y a de nouvelles politiques pour freiner l’étalement urbain. Les entrepreneurs en construction doivent de leur côté composer avec une grave pénurie de main-d’oeuvre et ne sont pas en mesure d’accélérer les mises en chantier. Ce sont, selon Michel Vincent, deux freins sur lesquels il est impossible d’agir.

 

L’économiste explique que les entreprises qui sont actives sur les marchés d’exportation, dont les États-Unis, devront maintenir le rythme, afin de protéger ce marché. Elles doivent agir en fonction d’une imposition possible de quotas d’exportation.

« Si le gouvernement américain en arrive à imposer des quotas, ils seront établis en fonction de l’historique d’exportation. Ce qui oblige les scieurs à maintenir un certain rythme. »

 

Avant l’adoption du régime forestier, les entreprises disposaient d’une marge de manoeuvre sur la gestion de la récolte, puisqu’elles avaient la responsabilité de la planification. Aujourd’hui, le gouvernement récupère cette fonction et les entreprises sont soumises aux plans de l’État.

02 octobre 2018

La compagnie Domtar s’adresse à la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec pour faire suspendre l’application du règlement donnant l’exclusivité de la négociation des conditions de vente du bois de sciage résineux au Syndicat des producteurs forestiers du sud du Québec.

De plus, Domtar conteste le processus qui a mené à l’adoption même de la résolution sur la mise en marché collective du bois de sciage résineux (sapin et épinette). Cette dernière avait été adoptée à Sherbrooke en novembre 2017 par 54 délégués du Syndicat, tandis que 16 s’étaient prononcés contre.

Une lutte à venir

« Je ne comprends pas cette approche de Domtar, dit André Roy, le président du Syndicat. On n’a jamais vu ça. On avait pourtant établi une bonne relation d’affaires avec eux. C’est en train de se corrompre, explique-t-il. Ça retarde aussi nos négociations avec les scieurs. C’est comme s’ils attendaient le jugement pour prendre une décision. »

Le Syndicat prétend que la mise en marché collective du bois de sciage permettra aux producteurs d’obtenir de meilleurs prix, notamment en période de cycle décroissant. Les coûts de transport et l’écoulement du bois seraient également améliorés.

La compagnie Domtar a refusé de commenter le dossier. Le Conseil de l’industrie forestière du Québec et Domtar confronteront leurs arguments à ceux du Syndicat devant la Régie.

Les séances publiques, qui devaient commencer la semaine dernière, se tiendront plutôt à compter du 17 décembre prochain, à Sherbrooke.

Source : Martin Ménard, La Terre de chez nous